13 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

OISELEUR OU CHÂTELAIN

Oiseleur ou châtelain, je l’ignore ! Mais j’entr’ouvre la porte.

Couleur d’âge et parfum d’enfance sans aucune réelle nostalgie. J’ai connaissance, me semble-t-il- de certaines voies secrètes qu’avec toi je partage et ce sont ces visions qui cernent la nuit, comme un lambeau de flammes qui permet d’apprivoiser la mort.

Cela est fil ténu voire ombre du matin. Mais la sève est patience d’aube.

Ni déraison, ni songe creux. Plutôt tendre agonie qui sait s’étendre sur les ailes repliées du silence. Au jeu du repentir j’ose hasarder une ombre pour devenir quêteur de visages ou transparaît l’ennui. Et à la chute des anges, quand meurt le feu, je me joins au roncier, lieu de fragiles accords.

Là, sur le rivage extrême, entre le ciel et l’eau, brûle un fanal d’épaves. Je rejoins le sabbat et vole vers Tiffauges pour saluer Gilles de Rais.

Desseins aux vents jetés. Inutiles poursuites. Au cœur du brasier où meurent les Templiers, une abeille endormie est comme cristal de glace qui ouvre un infini. Fougères de givre en fins croissants. Pour nous, l’acacia conserve son aubier noir. Et les mots pris dans l’ombre bercent la clématite qui se dresse vers l’étoile, Orion de notre orient.

Flammèches de souvenir. Onyx armorié d’or, scarabée strié de veines carbonées.

Dans la glaise première, auprès du cerf blessé, nous écoutons le Maître qui bâtit une demeure en phrases rassemblées. Mais pourquoi en ce lieu ? Je l’ignore. J’ignore aussi pourquoi un fantôme de voix s’éloigne avec douceur quand dérive l’oiseleur. Et toi lecteur, le sais-tu ? Jugeons l’initiation aux promesses du temps, quand la main sur l’épée s’effrite et se dissout. Quand cette disparition sera métamorphose aux bordures symboliques, nous serons, me semble-t-il, au cœur d’une subtile alchimie qui veut que soumission soit parfois joie diffuse et que les lacs d’amour apparaissent entrelacs saisis dans une clarté de lune.

Et si l’ouvroir blanc de certains tabliers recelait l’hellébore de la voûte sacrée ? Alors, le capiteux poison deviendrait, pour chacun, l’intime compagnon d’une vie talismanique. Linceul du temps passé pour qui possède la clé accrochée en sautoir. Mes paupières restent closes mais je ne cesse de voir. L’Ordre, le Silence habillent la tenture noire qui tapisse les murs. Enfer initiatique. Étrange survivance. Alors, mon cœur devient jasmin au partage des branches. Alors, l’eau se dénude en cédant dans mes mains sa douceur infinie. Et le secret lui-même bondit comme salamandre. Venu dans l’aube, où se délasse la rosée, je mêle mes pas au chant du corbeau freux pour que cette harmonie devienne signe de reconnaissance pour une nouvelle oralité.

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