16 septembre 2020 ~ 0 Commentaire

PALPITATIONS MELODIQUES

Palpitations mélodiques de murmures soudains. La rumeur du présent est étrange musique qui se glisse avec ce qui fuit.
Mélopée subtile dans le bois d’Orion.
Un seul bruissement
Entre arbres et silence, je chante l’équilibre.
Arabesques sonores aux déliés qui dessinent l’allégresse.
Signes que je dois accueillir.
Pour moi, il n’est d’autre augure que l’ombre d’un horizon que nul ne peut atteindre.
Traces audibles abandonnées aux parcelles du vivre.
Piétinement du rythme sur la blanche étendue.
Marques d’un tremblement où bruit le souvenir d’un solo de Miles Davis au théâtre de Vienne.
C’était un soir d’été. Possible jaillissement d’un miracle sonore toujours imprévisible et le dos au
public.

Un chant comme une voix qui ose à peine parler. Quelques notes lancées et très tôt ressaisies.
Rattrapées par la basse qui toujours réactive les forces désirantes. A la lisière du son, mon oreille est captive. Je guette le passage de celui qui unit la clarté de la nuit à la buée du jour.Et soudain, le Maître se déchaîne et dirige sa trompette vers son guitariste. Étrange intimité où chaque décision enclot un fragment qui saura épouser le reste du chaos toujours organisé par une crue furieuse.

Geste inaugural du batteur qui, avant de frapper, a consulté les auspices en pointant sa baguette vers un dieu invisible au profane que je suis.
Et Miles répond et souhaite dessiner une cartographie céleste pour un voyage existentiel.
Offrir à l’instant toute l’éternité comme éclats accordés aux lèvres de la blessure.               Errance prise au piège de la lapidation. Ce sont pierres de lune et perles d’obsidienne que les instrumentistes envoient vers les gradins. Je recueille une pépite que j’avale de suite. C’est hostie pour païen, c’est comme pierre de sel pour celui qui a soif.
Et l’orchestre de plonger dans l’obscur de la nuit.
Chemin de la brûlure qui est douce jouissance.
Trous noirs du cosmos pour qui sait se perdre et accepte d’apprivoiser les serrures mentales au
risque du non-retour.

Ce soir, à Vienne, je pénètre dans la marge gagnée au prix de la banale lucidité. Et les codes sociaux bardés de bienséance se consument pour que je puisse inscrire mes visions au creux des sillons gravés par la musique.                                                                                               J’ai des mains en étoiles et de grands chevaux fous zèbrent la nuit aux ornières des nuages.    La mer roule la mort au rire de la lune et Miles de poursuivre son fabuleux voyage. Il envoie trois notes ténues, légères, aériennes reprises de suite par les cordes. Ce sont des madrépores aux sanglots de lumière.                                                                                                                       Et c’est ce peu et c’est ce manque qui me met en désir. Dans les ports éventrés saignent mes souvenirs qui viennent se faner comme pétales aigris.                                                               Porphyres enchaînés aux riffs de la guitare.
Bouton à peine éclos qui a su cependant libérer des silences et faire advenir dans l’intime de mon être un moi transfiguré.

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