06 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

DES FRACTURES AUX ARÊTES TRANCHANTES

Des fractures aux arêtes tranchantes qui parfois s’émoussent pour ne laisser apparaître qu’une figure suturée, qu’un visage émacié.

Saisir les contours de cette étrange chimère.

Persistance éternelle gravée dans la mémoire.

Devenir une pythie pour une rhapsodie galante.

Écrire sur si peu c’est créer une tragédie sur rien. Mais est-ce vraiment rien ? N’est-ce pas plutôt l’annonce d’une séparation entre soi et son corps, entre l’être et l’enveloppe.

Disséquer sans verser une seule goutte de sang.

Le froid fatigue mes ardeurs. Sentiment de vide et parfois d’abandon. Je me masque mon trouble.

J’aime annoter Sénèque et rentrer silencieux dans la gravure. La plume sur le papier, le burin dans le cuivre, le pinceau sur la toile. Parfois réduire l’écart et parfois l’augmenter entre ce que je vois et ce que je projette. « Quand j’aurai désappris à espérer, je pourrai apprendre à voir » nous dit Sénèque.

Dans la nuit me parviennent des hypotyposes, de ces récits furieux et somnambuliques, de ces rêves érodés mais témoins dans la forêt du temps.

J’aime être seul en compagnie des mots et faire que l’ellipse atteigne le plus haut degré de la synthèse. Ou alors, afin de donner une certaine épaisseur à mon existence, toucher le sol, bourrelets de terre sous mes genoux.

Esprit fou du labyrinthe où les âmes se perdent et copulent avec les démons.

Atteindre parfois l’ivresse que donne la surface des choses.

Chasseur d’ombres, surtout s’il y a une tache sur le soleil.

 

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